Amitiés et partage

Après un été à Paris au travail et quelques virée en Province pour rendre visite aux personnes qu’on aime, nous voici sur Charmeur de Vent quelque peu éprouvé par notre abandon et le climat chaud et humide de la saison cyclonique. Tout d’abord, il nous exprime son mécontentement en se bloquant sur la commande d’inverseur et en nous faisant une grosse flemme énergétique du genre j’ai les batteries à plat. Bref, nous le rhabillons de ses plus beaux atours et lui faisons une toilette au ponton de la marina.

De notre côté nous retrouvons les amis sur place, Luc qui n’aime pas les bateaux mais en vie et que nous espérons, par ses qualités humaines, retrouver le plus souvent possible. Yannick et Térésa, témoins et vecteurs de valeurs des années 70 où le rêve était autorisé et s’y sont engagés. Marie et Ponpon, indissociables par leur différence, l’une ouverte et engagée, l’autre imaginatif, maître dans l’art de la dérision, de l’autodérision, de la rébellion et fermé à tout ce qui ne répond pas aux valeurs fondamentales de la vie, rejoignant en cela son ami Bernard Moitessier.

Au bout d’une semaine de labeur et de retrouvailles, nous voici prêt à recevoir Marie-Frédérique pour une virée d’une semaine. Après une nuit au mouillage à Ste Anne, nous faisons route sur Ste Lucia où nous arrivons sans encombres à Marigot Bay, Marie-Foldingue aillant bien prie un Mercalm indispensables à une navigation sereine quand on n’est pas amariné.

La journée suivante, après avoir rempli nos devoirs auprès des autorités douanières locales, nous faisons route sur les 2 Pitons au Sud de l’île. J’accompagne la randonneuse à terre, un temps, puis l'abandonne à sa soif de découverte, rendez-vous étant pris à l’annexe au bord de l’eau.

Le lendemain, nous naviguons au moteur, le vent étant toujours aux abonnés absent, et faisons route vers le Nord de l’île en longeant la côte.

 Le premier arrêt est aux environs de midi à Castrie, la capitale de l’île, pour y faire notre marché puis nous refaisons route vers le Nord jusqu’à Rodney Bay, après un détour dans la marina. La journée se termine par une grimpette sur Pigeon-Island.

Le temps passe vite et, le lendemain, nous décidons de repartir vers la Martinique pour aller à la découverte de la côte au vent. Encore une fois, le vent n’est pas au rendez-vous et devons faire ronronner le moteur pour la plus grande joie des batteries. En fin d’après-midi, nous mouillons à Petite Grenade, petit paradis connu de peu de gens tant son accès est délicat. Marie-Frédérique part à l’aventure avec l’annexe et confrontée aux humeurs de son moteur, se retrouve à l’aventure et à la rame.

Après une nuit des plus paisible, nous nous offrons une séance de palmesmasquetuba sur le corail à la découverte de leurs occupants. Suite à cette matinée baignade, nous repartons pour une courte navigation, à l’abri de la barrière de corail, qui nous rend au François, charmant prénom, pour une escapade terrienne afin de nous ravitailler et apporter matières à l’imagination culinaire de martine. La journée se termine après une excursion à l’îlet Oscar et la baignoire de Joséphine agrémentée par la pluie si appréciable sous ces latitudes.

Avant dernier jour de croisière pour Marie-Frédérique, le vent et la mer se la jouent, histoire de se rattraper de leur fainéantises. Le mouillage prévu au Cul de Sac des anglais est compromis et nous nous rendons, version Rock and Roll jusqu’à Caritan, bien à l’abri des humeurs du temps. Arrivés, un coup de fil à Air France, nous apprend que suite aux grèves, nous n’avions aucune raison de nous précipiter, le vol de Marie étant annulé, la pauvre, devra après un jour de retard, se rendre à St Martin pour y récupérer un vol l'acheminant à Paris au moment où elle devrait être au boulot.

Viviane et Serge, les acheteurs du premier Charmeur de Vent, arrivent et la dernière soirée de Marie et Thierry se fait en leur compagnie. Les quatre jours qui suivent seront consacrés à la mise en main de Charmeur de Vent BX, baptisé Bonaventure suite aux formalités douanières.

Jeudi 20 novembre, le temps est venu pour nous de faire route vers Grenade où nous devrons procéder au carénage de pépère Charmeur de Vent et lui changer sa petite culotte afin qu’il ai fière allure durant nos navigations sur l’arc antillais. La première nuit se passe aux 2 Pitons où la bouée de corp-mort sera négocié en parti au ti-punch avec les gardiens de la réserve.

Vendredi 21 novembre, le vent reste correcte et une navigation tranquille, à la voile, nous conduit jusqu’à Bequia.

Samedi 22 novembre, 15 nœuds de vent nous permettent de faire route au ralenti jusqu’à Tyrrel Bay à Carriacou.

Dimanche 23 novembre , le vent à 10 nœuds de Nord Est dans les rafales nous oblige à une navigation au moteur au vent de la côte de Grenade, nous arrivons à St David Bay vers 13h30. Le mouillage y est calme et enchanteur.

Les 5 jours qui suivent sont loin d’être enchanteurs. Chaleur, moustiques, labeur, tout pour être heureux et compter les jours qui nous séparent de la remise à,l’eau du bateau, loin des moustiques, avec un peu plus d’air et la possibilité de piquer une tête dans la mer à tout moment

                                                               Le retour du carénage

28 novembre 2008

      

Après 5 jours à travailler sur la coque de Charmeur de Vent afin qu’il retourne à l’eau avec un nouveau maillot de bain rouge, 5 jours à servir de repas aux moustiques dans une chaleur très humide, le moment est venu de retrouver la mer et un air libérateur à l’écart des insectes. Retrouver la liberté d’aller où bon nous semble et d’être bercé la nuit par les mouvements légers du bateau à l’abri. Philippe, après de multiples escales, nous rejoint ce jour là pour la remonté jusqu’en Martinique.

29 novembre 2008

Après une soirée barbecue au restaurant du chantier naval en compagnie des autres habitants de la mer, nous levons l’ancre pour rejoindre Prickly Bay. Notre court séjour à Prickly a pour but de nous procurer quelques fournitures pour le bateau et nous craquons pour une annexe de 8 pieds à fond rigide dont le confort est incomparable à côté de la précédente.

30 novembre 2008

        

         

La côte Sud de Grenade est riche en mouillages très abrités et nous choisissons Hog Island pour notre plus grand bonheur. L’île est, reliée à Grenade par un pont depuis peu, une route en terre, pour le moment, la traverse et tout semble penser qu’elle va être vendu par parcelle. Nous nous sentons des privilégiés de pouvoir la sillonner encore sauvage.






1er décembre 2008

      

Notre navigation en remontant la côte au vent de Grenade, nous conduit à Grenville protégé par une barrière de corail, que nous explorerons avant d’aller visiter la ville. La ville, d’apparence modeste, a de nombreuses banques et beaucoup de petits supermarchés. Nous aurons l’occasion de voir défiler des enfants, en uniforme, précédés par une musique militaire, nous n’avons pas pu savoir la raison de ce défilé.


2 décembre 2008

        

Nous continuons notre remonté qui nous mène à Sandy Island, au Nord de Grenade, où nous nous arrêtons pour une séance de palmes masque tuba, visite de l’île et le repas de midi. L’architecture des maisons en ruine sur l’île nous fait penser qu’elles étaient habitées par des fonctionnaires. Les détritus, plus qu’abondants et tout frais gâchent la magie du site et nous retournons sur Charmeur pour déjeuner et repartir à destination de Carriacou pour la nuit.



3 décembre 2008

         

Au mouillage dans Tyrrel Bay, à Carriacou, nous profitons du lieu habité par plusieurs nationalités européennes qui offrent des services tournés vers les voiliers et ceux qui habitent dessus. Ainsi reverrons nous Sylvie, Iwen et leurs enfants, Morgan et Salomé habitant sur leur Warram. Nous profiterons de la journée pour nous faire une escapade à Saline Island au Sud de Carriacou.


4 décembre 2008

Suite à une deuxième et dernière nuit à Tyrrel Bay, nous partons pour Petit Saint Vincent (PSV) mais au par avant nous nous arrêterons à Hillsborough afin de faire notre sortie en douane et immigration du territoire des Grenadines de Grenade. Un dernier arrêt dans le territoire, à Petite Martinique, pour faire le ravitaillement en Gasoil et eau et nous mouillons à PSV pour la nuit et allons à terre pour prendre un apéro à l’hôtel de l’île.

        


5 décembre 2008

         

         

Après un stop à Morpion pour une séance de snorkeling et 40 minutes de navigation, nous nous arrêtons à Union pour un ravitaillement et naviguons à nouveau une petite heure pour profiter des Tobago Cays. Nous faisons du snorkeling à Baradal pour rendre visite aux tortues, habituées d’être entourées de curieux puis allons explorer les petites îles.

     

6 décembre 2008

         

Les bonnes choses ont une fin et repartons vers le Nord. Nous ferons halte pour la nuit à Bequia.


7 décembre 2008

Deux heures de navigation suffiront pour arriver à Young Island, la Riviera de Saint Vincent, palmes masque tuba au programme et ascension de Duvernette le pain de sucre de Young Island.

          


8 décembre 2008

Nous levons l’ancre pour nous rendre à Kingstown, capitale de Saint Vincent où nous faisons la clearance de sortie du territoire et quelques courses. Philippe se trouve une paire de lunettes de soleil, la précédente lui donnant un air de pirate. L’après midi nous mouillons à Cumberland, à l’Ouest de St Vincent, aidé par Maxwell qui amarre l’arrière du bateau à un arbre. La soirée est partagée entre le repas chez Benis et un dernier verre au Black Baron où Philippe retrouvera des personnes avec qui il navigua l’année précédente.

9 décembre 2008

Navigation sur le canal de St Vincent jusqu’à la Soufriere à Ste Lucie où nous serons à un Corps-mort de la réserve naturelle, Philippe y explore les lieux en palmes masque tuba.

10 décembre 2008

         

Après l’excursion, de Philippe au volcan, la cascade d’eau chaude et du jardin botanique, nous repartons en longeant la cote sous le vent vers le Nord de Ste Lucie pour aller mouiller à Pigeon Island dans Rodney Bay suite à un stop à Castries pour le ravitaillement en fruits et légumes.


11 décembre 2008


Nous voici de retour dans notre petit bout de France, la Martinique. Nous mouillons au Marin pour la clearance d’entrer dans le territoire français et prenons d’assaut le supermarché achalandé à la française.

12 décembre 2008

Nous repartons pour les anses d’Arlet où nous arrivons après 3 heures de navigation au portant, exploration de la faune sous-marine et farniente.

13 décembre 2008

         

Petite navigation en direction de la baie de Fort de France et arrêt à l’anse Noire pour déjeuner et faire un coucou aux poissons. Nous repartons ensuite pour la Pointe du Bout et mouillons à Trou Etienne puis allons à terre pour explorer ce  lieu touristique martiniquais.

14 décembre 2008 

 Après le petit déjeuner, nous nous rendons à Port Cohé, petite enclave dans la mangrove aménagée en port de fortune à deux pas de l’aéroport où nous accompagnons Philippe avec Isabelle venue nous rejoindre pour nous emmener ensuite chez elle.

Grenadines express

Jeudi 25 décembre

Cécile, Magalie, Xavier et Pierre arrivent en fin de journée et nous levons l’ancre pour dîner et passer la nuit à Ste Anne. Après la prise des antidépresseurs à base de rhum et le repas, tout le monde se couche tôt, le programme du lendemain étant chargé.

Vendredi 26 décembre

5h du matin, alors qu’il fait encore nuit, tout le monde debout pour le petit déjeuner. 6h départ pour une longue navigation jusqu’à Bequia dans les Grenadines. Après à peine une heure de navigation, une belle dorade coryphène se fait prendre à la ligne de traîne à la grande joie des passagers qui se voient distraire de la nausée souvent inévitable le temps de la marinisation les premières heures. Pierre nous a fait la démonstration de ses talent de barreur et tout le monde a brillamment surmonté cette journée de navigation avec une météo quelque peu rock and roll. Nous arrivons à Bequia peu après le couché de soleil alors qu’il fait encore jour.


                       Grenadines express

Jeudi 25 décembre

Cécile, Magalie, Xavier et Pierre arrivent en fin de journée et nous levons l’ancre pour dîner et passer la nuit à Ste Anne. Après la prise des antidépresseurs à base de rhum et le repas, tout le monde se couche tôt, le programme du lendemain étant chargé.

Vendredi 26 décembre

5h du matin, alors qu’il fait encore nuit, tout le monde debout pour le petit déjeuner. 6h départ pour une longue navigation jusqu’à Bequia dans les Grenadines.

Après à peine une heure de navigation, une belle dorade coryphène se fait prendre à la ligne de traîne à la grande joie des passagers qui se voient distraire de la nausée souvent inévitable le temps de la marinisation les premières heures. Pierre nous a fait la démonstration de ses talent de barreur et tout le monde a brillamment surmonté cette journée de navigation avec une météo quelque peu rock and roll. Nous arrivons à Bequia peu après le couché de soleil alors qu’il fait encore jour.

        


Samedi 27 décembre 

 
       


Après la clearance d’entrée et quelques courses, nous repartons pour les Tobago Cays où nous arrivons en début d’après-midi. La suite de la journée est consacrée à la découverte de la barrière de corail puis les tortues marines, nous n’arrivons plus à faire sortir Pierre de l’eau.

Dimanche 28 décembre 

           

           

Visite de Sydney pour les tee-shirts puis barbecue party avec Roméo sur la plage au vent de l’île de Petit Bateau. Le temps nous étant compté, nous repartons pour une petite navigation qui nous rend à Petit Saint Vincent. Nous débarquons à terre pour aller déguster un cocktail au bar de l’hôtel.

Lundi 29 décembre

        

Nous attaquons la remonté par une première petite étape qui nous conduit à Union pour le marché puis un saut de puce jusqu’à Mayreau. Tout le monde débarque à Salt whistle Bay pour une petite visite, pendant ce temps là, avec Martine, je rejoins Saline Bay au Sud de l’île. La soirée se passera chez Robert et son restaurant Rasta.

Mardi 30 décembre

Nous repartons pour St Vincent, tout d’abord à la voile et au moteur jusqu’à Canouan puis voile seule. Mouillage en milieux d’après-midi à Cumberland, accueillit par Maxwell qui nous sert de taxi pour aller faire la clearance de sortie à Wallilabu, visiter les décors du film Pirate des Caraïbes et se promener à la cascade.

Le soir nous allons prendre l’apéro au Black Baron et dîner chez Benis.

Mercredi 31 décembre

Aux aurores, nous repartons en longeant la côte sous le vent de St Vincent vers le Nord puis traversons le canal de St Vincent à la voile. Début d’après-midi prise d’un corps-mort à la Soufriere, au Sud de Ste Lucie, Magalie, Cécile, Xavier et Pierre partent avec Marcel pour la visite du volcan, des cascades d’eau chaude et du jardin botanique, pendant ce temps clearance d’entré et de sortie du territoire de Ste Lucie.
Arrivé le soir, nous arrosons le dernier soir de l’année, dînons

 puis tout le monde au lit vers 9h du soir, fatigue oblige.

Jeudi 1er janvier 2009

Les petits vieux ont retrouvés leur jeunesse et se souhaitent une bonne année au petit-déjeuner. Cette dernière journée de navigation va nous mener en Martinique. Nous faisons un stop à Pigeon Island au Nord de Ste Lucie pour déjeuner puis navigation à la voile jusqu’à Ste Anne. La dernière soirée se passe au restaurant.

Vendredi 2 janvier

5h du matin nous levons l’ancre pour nous rendre au Marin, 5h50 nous accostons au ponton, à 6h embarquement dans le taxi le cœur gros et la tête pleine d’images.

Bleu Grenadine

Pas de crise pour Bleu Grenadine !

Malgré les grèves qui paralysaient le commerce en Guadeloupe et en Martinique, rien n’est venu affecter notre croisière dans les Grenadines. Cette destination reste magique et incomparable. Quel succès pour ces Iles visitées. Ces iles mythiques de sable blanc, de mer chaude et transparente, de cocotiers, de parfums, de senteurs, de couleurs, que tout voyageur veut accrocher à son carnet de voyages. Iles de Carriacou, Petite Martinique, Petit St. Vincent, Palm, Union, Mayreau et les Tobago Cays, Canouan, Morpion, Moustique & Bequia, etc…

Alors que l’entreprise business a largement remplacé aujourd’hui les navigateurs d’antan, le but de nos hôtes, François et Martine, est resté le même. Faire simple, et faire que tous les voyageurs reviennent chez eux différents, avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’exceptionnel, quelque chose restant à jamais gravé dans leur mémoire de citadin


                C’est ça la magie Bleu Grenadine

Et nous ?
Nous, c’est, Patrick, dit My Darling ou encore Chouchou, moi-même également une Chouchou, Chantal et Jean-François, des Doudou et pour vous mettre dans la confidence, nos hôtes sont aussi des Doudou. 


En plus de vingt ans de voyages divers, et un essai de quelques jours l’an passé sur le voilier de notre ami Jean-Luc, nous avons fait en sorte cette année (les Chouchou et les deux premiers Doudou) de tester la croisière de deux semaines à bord d’un voilier similaire. Nous ne voulions pas de croisière à 12, 30, 200, ou 3000 personnes. Non, mais quelque chose de vrai, d’authentique, de coloré, de sportif. Quelque chose qui sente bon le soleil, le sel, les alizées, les embruns et la mer.

Pour nous en souvenir plus longuement encore, et tenter de vous faire vivre nos belles vacances, voici quel a été notre livre de bord.



Samedi 24 janvier 2009
Après avoir récupéré en fin de journée la voiture de location à l’aéroport de Fort de France, nous nous rendons au port du Marin où nos hôtes nous attendent. Un Planteur en guise de verre de bienvenue pour faire connaissance et donner le tempo Caraïbes du voyage, quelques informations sur la croisière et sur le bateau, quelques acras au restaurant de la marina, et dodo.

Dimanche 25
Le Marin 
Levés tôt comme il se doit en raison des fuseaux horaires, nous partons faire un petit jogging sur la route de Ste Anne, ramenons au passage le pain frais et des viennoiseries au bateau, où nous retrouvons nos hôtes pour le petit déjeuner. Puis pendant qu’ils effectuent les dernières formalités avant le départ, nous les quittons pour aller accueillir nos amis Chantal et Jean-François sur le ponton de l’Express des Iles en provenance de Guadeloupe.
Déjeuner dans la marina des Trois Ilets.
Retour au bateau joliment appelé le Charmeur de Vent.
Apéritif local, gratin de poisson, ananas frais, ponctuent cette journée


Lundi 26
Le Marin > Marigot Bay à Ste Lucie



10H30 c’est le grand départ. Notre premier jour de navigation.
En mer pour l’aventure ! Toutes voiles dehors. En avant, toutes !

Tous, se posant les mêmes questions. Comment se passeront ces deux semaines à bord malgré l’amitié qui nous lie, la promiscuité, l’eau à utiliser avec parcimonie, mal au cœur, pas mal au cœur, l’intimité de la toilette et des toilettes, les approvisionnements, les pirates des mers dont on a tant entendu parler, où et comment se procurer la monnaie officielle l’’East Caribbean dollar, etc…etc…

Direction Ste Lucie. Pour info, Ste Lucie, est un Etat indépendant depuis 1979 et membre du Commonwealth. Elle se situe environ 40 km au sud de la Martinique et 32 Km au nord de St Vincent et des Grenadines.

Nous déjeunons en arrivant à l’abri de Ste Lucie d’une tourte au Roquefort qui fait l’unanimité.

Les garçons, eux, sont braves, courageux, forts ! Ils ont le pied marin. Les filles, pleines de doutes préfèreront avaler un comprimé de Mercalm.

Le canal de Ste Lucie se passe sans difficulté, la mer est bien formée, la navigation est agréable. Vers 16H30 nous arrivons à notre première escale, Marigot Bay. Avec l’aide d’un boat boys, nous y prenons un corps-mort et nous lui achetons notre premier régime de bananes. Petites, sucrées, délicieusement parfumées. La banane deviendra notre aliment indispensable en navigation pour combler le creux des vagues…

Marigot Bay a été tellement photographiée à travers le monde, qu’il nous semble l’avoir toujours connue. Elle fait déjà partie de nous. Un petit tour à bord de notre annexe pour approcher la mangrove, une promenade sur les quais où transitent quelques beaux navires, et deux verres pour le prix d’un au bar sur pilotis de la plage car c’est Happy Hour !! ça commence bien. Ca commence fort !

         


Le soir, ce sera de la viande grillée qui fera notre enchantement.

Mardi 27

Marigot Bay à Ste Lucie > Bequia - St Vincent

6H40 départ pour Bequia (petite ile au sud de St Vincent) Saint Vincent est un Etat indépendant, composé de petites iles, mais aussi la capitale économique des Grenadines. Kingstown est la ville principale et on peut sentir à son approche, les émanations du volcan de la Soufrière.

Par précaution, prise d’une pilule miracle pour les filles aujourd’hui encore, et nous partons voguer pour la traversée du canal de St Vincent où nous découvrons une navigation longue de 9H30 avec un chaloupé crescendo. La mer passe d’un bleu turquoise à un bleu puissant au fur et à mesure que les vagues se font fortes, hautes, et intenses. Une famille de dauphins, nous rejoint et nous accompagne un instant. Ils parviennent à nous faire oublier la houle. J’écarquille les yeux espérant apercevoir une baleine car elles ont été longtemps la spécialité de l’ile. Que nenni ! Pas de baleine à l’horizon.

 

Ouf ! 9H30 plus tard, nous entrons dans Admiralty Bay à Bequia. François s’adonne aux formalités de clearance en douane pour entrer dans les iles de St Vincent et nous, en bons touristes, découvrons les artisans locaux. Un grain soudain et plus intense qu’à l’accoutumé, nous oblige à courir en tongs, les bras chargés de victuailles, et à nous rabattre sur le bar du coin, le Frangipanier, pour y déguster un cocktail de fruits frais. Un bar insolite avec un comptoir taillé dans une mâchoire de baleine avec des tabourets taillés eux dans de véritables vertèbres de cétacés.

          

Le soir Colombo de poulet maison. Un régal !


Mercredi 28
Bequia - St Vincent > Tobago Cays



Aventure quand tu nous tiens !

Vers 2 heures du matin le corps-mort sur lequel nous sommes accrochés se déplace par le vent soutenu de la nuit et les chocs sur le catamaran voisin nous réveillent.

François en vrai capitaine de vaisseau évalue immédiatement la situation. Démarre au moteur dans la nuit noire, en quête d’un lieu efficace pour mouiller l’ancre.
Trois quarts d’heure plus tard, un mouillage de l’autre côté de la baie, devant le Devil’s Table, nous assure une bonne fin de nuit.

Un dernier shoping à terre encore le matin, puis direction vers les Tobago Cays. Quelle belle destination ! Des plages de sable blanc, une eau turquoise, une eau transparente, une eau de carte postale.

Près de 4H00 de navigation avec de fréquents et intenses grains incommodent la traversée mais, en braves petits marins en devenir que nous sommes, nous résistons et nous nous adaptons tous les jours un peu mieux.

Un autre voilier s’est approché de nous pendant notre navigation entre Bequia et Canouan. Nous naviguons comme cela côte à côte depuis quelques temps pour savoir qui grattera l’autre, lorsque soudain nous voyons danser et parader autour de notre bateau une grande famille de dauphins. Une bonne dizaine, du plus gros au plus petit. Du plus joufflu au plus affuté. Nous jouons de plaisir avec eux, ils semblent entendre nos sifflements et nos voix. Après maintes pirouettes, ils repartiront comme ils étaient venus, sans même un regard vers l’autre bateau, pour le plus grand déplaisir de ses occupants.

En début d’après midi, mouillage entre Petit Rameau et Petit Bateau. 

        

       

Nous allons nager sur l’ile aux tortues, la mer est un peu agitée, et les tortues semblent avoir déserté la place. Une cependant s’approche du bateau et nous montre sa jolie petite tête ronde avant de faire un plongeon et disparaitre dans le bleu translucide de la mer.


Nous achetons à Angelo, un des nombreux boat boys, une daurade coryphène que François nous effilera et préparera pour l’apéro, et en tartare pour le repas.



Jeudi 29
Tobago Cays > Clifton àUnion Island

A l’approche d’Union Island, nous rencontrons le beau Walter (un autre boat boys) avec ses dents en or, et son sourire carnassier, qui est venu nous vendre ses produits et à qui nous commandons du pain. Il se plie volontiers à la photo souvenir, la bouche grande ouverte, toutes dents dehors, prêtes à nous dévorer !!

        

Sydney, boat boys Rasta portant masque de ski pour brouillard et tempête de neige, arrivera à nous convaincre de lui acheter quelques tee-shirts.


Angelo quant à lui, boat boys à tout faire, nous aura conquis avec son repas langoustes. Nous le suivons sur Petit Bateau, près de la même plage où nous étions la veille à essayer de voir les tortues. Nous amenons les « liquides », et il se charge du repas. Une vraie carte postale. Les cocotiers sont bien là, comme le lagon variant du bleu turquoise au bleu outre-mer, le soleil, la chaleur, les fruits, le rhum, le rosé, les langoustes et les petits légumes cuisinés par Angelo. Un pur bonheur, un moment de grâce.

       

Une petite marche à travers l’ilet et nous nous rêvons déjà en Robinson. Le courage en moins !

Le soir nous appontons à l’Anchorage Yacht Club d’Union Island et y dinons après avoir visité la galerie de tableaux du maitre de céans. Pour la petite histoire, ce peintre et propriétaire du restaurant est aussi médecin. Il y a quelques années il habitait le bateau encastré dans la roche à l’entrée de l’ile des Saintes.

      

Toutefois avant de passer à table, se décide une rapide petite visite de Clifton Harbour pour y effectuer quelques achats souvenirs, et visiter la ferme-aux-cochons-auberge-restaurant-bar-galerie-One Love, d’une famille de baba cools très très originaux, oubliés là, il y a quelques décennies….



Vendredi 30
Union Island > Tyrrel Bay à Carriacou à Grenade

La nuit est très agitée. Du vent. Beaucoup de vent. De la pluie, de la grisaille. Des cliquetis dans les mats de tous ces bateaux venus comme nous, pour se protéger du mauvais temps, s’apponter à l’Anchorage Yacht Club rend notre sommeil léger. L’expérience de l’autre nuit à errer dans le noir pour trouver un autre mouillage a laissé quelques traces…


François décide de changer de lieu afin de trouver une météo plus calme. Alors on se met à faire au plus vite les derniers achats de fruits frais, de déposer les cartes postales chez l’artisan du coin, et de visiter le bateau voisin qui est à vendre, des fois que l’envie nous prenne d’en devenir propriétaire.


Direction Tyrrel Bay à Carriacou, endroit ultime de notre traversée. C’est après Carriacou, que nous entamerons notre retour vers la Martinique.

Il se dit par ci par là, que dans cette zone, on devrait trouver des boat boys revendant des vins du Chili. Une envie de Chardonnay nous prend. Ca irait tellement bien avec les poissons crus que nous préparent nos Doudou 2.Nos palais commencent à titiller.


En approchant de Tyrrel Bay, nous affalons les voiles et la navigation se fait au moteur, puis le vent se lève, la mer s’agite un peu plus. Un grain passe tout près, le bateau n’avance plus. Notre capitaine est pris d’un énorme doute. Et si nous avions perdu l’hélice ! Quelle question !!! Je n’imaginais même pas que ça pouvait se perdre une hélice !.

Aussi rapide que l’éclair, et devant nos mines interloquées, prend son masque et tuba, ôte teeshirt, short, et maillot de bain et se met à l’eau. Tout nu !! Comme quoi, la mer, ça rapproche.

Non, tout va bien, mais il faut réparer.

Le temps a rapidement changé. La mer roule toujours, mais il fait soleil, il fait chaud. Patrick, mon Chouchou est désigné d’office à s’installer dans la soute pour surveiller les écrous, Jean-François et François, les Doudou, sont à la navigation. Nous, les filles, on balise !

La bonne humeur est toujours là. Mais que dire lorsqu’un boat boys nous approche pour nous proposer du Chardonnay ! On hésite à peine un bref instant, puis on se lance ! Et hop ! 12 bouteilles. Un vrai luxe.

Le soir, arrivés à Carriacou, François s’activera avec son ami Dominique Weber, sur son garage flottant, pour réparer ce qui aurait pu être plus embêtant, mais qui heureusement se termine bien.

Nous en profitons pour aller à terre, monter dans un taxi communal, et faire un petit tour de l’île et visiter Hillsborough. Arrivons trop tard. Il est 16H30 et les magasins ferment.

Iwen, également dépanneur sur l’eau, son épouse Sylvie, et leurs enfants Morgan et Salomé viennent prendre l’apéritif sur notre bateau. Qu’il est loin pour eux le confort. Qu’elle est loin la vie matérielle. On les regarde comme des extra-terrestres. Ils naviguent avec leurs enfants depuis des années. De très beaux enfants, polis, épanouis, intelligents, heureux.

       

Samedi 31
Carriacou > Midi à Morpion > Union Island > Mayreau

Ce matin est un matin qui ressemble aux autres matins.
Un petit déjeuner frugal nous réunit comme à l’accoutumée avec les oranges locales pressées amoureusement par François, le pain que nous amènent les boat boys, du thé ou du café suivant les estomacs, et des yaourts spéciaux pour les intestins fatigués (si vous voyez ce que je veux dire !)

Malencontreusement je loupe la marche de l’échelle et me retrouve en bas dans la carrée avec un orteil cassé. Emois et inquiétudes sur le moment car le diagnostic est difficile à faire. Tous les cas de figures sont discutés. Tous les changements de caps du voyage évalués, envisagés, pesés. Le capitaine, encore lui, fera les premiers soins ad’ hoc qui s’avéreront par la suite, ceux qui étaient effectivement à appliquer.

Le midi nous arrivons à Morpion, la plus petite ile de sable blanc qui existe dans l’Arc Antillais. Elle est comme un confetti blanc posé sur l’eau. Un minuscule lopin de sable immaculé et un parasol en palmes de cocotier planté là par l’homme pour s’abriter des rayons de soleil.

       

La plongée avec masque et tuba s’impose pour admirer les coraux et les poissons, et également il devient impératif de prendre quelques photos sous LE parasol de l’île.

Le soir, nous mouillons l’ancre dans Saline Bay à Mayreau pour un diner langoustes et poulet créole chez Robert, le Rasta le plus pur que j’aie jamais rencontré.
Tout le minuscule village est Rasta. La rue est Rasta. Des enfants aux grands parents, tous sont Rasta. La musique de Mr Bob Marley crie à tue-tête dans la ruelle unique du village. Du One Love partout. On le sent à la ronde…

       

Robert gère cette affaire en famille, et il fait à la fois sa propre communication, la cuisine, le bar, l’animation, l’accueil, et accessoirement soigne les pieds cassés. Quelques massages, un pansement à base d’alcool pur, du citron vert et le tour est joué. Magie des iles, influence des onguents, douceur du massage, ou phase normale des choses, mais à partir de là le pied désenfle et se porte de mieux en mieux !!!



Dimanche 1er
Aux Tobago Cays le midi
Nuit à Canouan



Nous prévoyons d’être aux Tobago Cays pour midi.

       

Aujourd’hui, c’est dans une mer bleu turquoise que nous visitons avec palmes, masque et tuba, la barrière de corail.

Puis nous arpentons l’ile à pied. Tout est fermé. Nous sommes dimanche. Seuls les barbiers et le bureau de Police de Charlestown sont ouverts. Une musique hurle ses décibels. On peut voir les habitants danser dans leur maison.

     

Avant de remonter sur le bateau, nous prenons un rafraichissement sur la terrasse d’un très bel hôtel adossé à Mooring Cie qui loue des voiliers dans la baie.

François et Martine, les Doudou 2, nous préparent comme ils savent si bien le faire, un thon cru à la créole. Un délice

Lundi 2
Canouan > Bequia

Nous quittons Canouan pour aller à Bequia.

4H de navigation baston. Plus besoin de petite pilule depuis plusieurs jours, mais ça tape dur. Nous essayons de capter avec nos mobiles la météo locale pour essayer de modifier notre croisière.

A Bequia, nous décidons de louer un petit taxi pick-up pour visiter l’ile. Chouchou, tente de négocier une heure de visite. Affaire conclue ! Ravis on monte dans ce drôle de petit véhicule bâché pour nous abriter du soleil, mais ouvert sur les côtés pour ventiler l’espace. On est contents. Heureux aussi de faire un peu de voiture après ces jours de bateau mais aussi de voir l’intérieur de l’ile. Toutes les iles sont différentes, toutes méritent d’être visitées. Mais 200 mètres plus loin le moteur commence à tressauter, puis s’arrête définitivement 300 mètres plus loin. Panne de carburateur selon le chauffeur, mais panne d’essence en réalité. Commercial jusqu’au bout, il appelle un neveu pour venir nous chercher et continuer (ou plutôt commencer) la visite de l’ile. 

                                                

    

On découvre grâce à lui d’autres plages différemment bleues, d’autres cocoteraies, des conifères arrivés là on ne sait quand et comment, des propriétés superbement manucurées, un élevage de tortues pour protéger les bébés tortues des prédateurs. On ne sait où donner de la tête tellement c’est beau. Le soleil est couchant, les couleurs des cocotiers virent au jaune, le bleu de la mer devient plus intense.



Mardi 3
Bequia > « Franchorage » et Cumberland à St Vincent

Ce mardi comme les autres jours, François et Martine, nous choisissent des endroits superbes, des criques pas ou peu fréquentées, comme notamment pour ce midi, un stop dans un lieu paradisiaque qu’ils ont baptisé Franchorage car si j’ai bien compris, il n’a pas de nom. Là encore, nous sommes le seul bateau.

       

      

On chausse palmes, masque et tuba pour plonger dans les fonds bleu émeraude. Pas la peine d’aller bien loin, juste au pied du bateau, des colonies de poissons différents semblent loger là. Des bleus, des jaunes, des violets, des cendrés, des longs, des ronds. François saute dans l’eau, un bouttt (il faut bien prononcer le t pour montrer son savoir de marin) dans la bouche, et quelques brasses plus loin amarre le bateau à un rocher. Martine nous concocte un de ses plats dont elle nous donnera ses secrets en fin de croisière.

Après un dernier plongeon et avant de quitter ce énième paradis, nous partons à bord de l’annexe du bateau faire un petit tour des grottes alentour. La couleur de la mer ressemble au bleu du ciel. L’eau est chaude, transparente, claire. A l’approche des grottes on entend les cris des chauves-souris qui nichent là. Le ressac nous empêche de trop approcher. Avec les années, le vent a façonné les roches. Avec l’imagination qui nous caractérise, on pourrait y lire la tête d’un pirate des Caraïbes.

       

Le soir nous arrivons à Cumberland. Nous y sommes accueillis par le boat boys Maxwell qui nous propose ses bijoux. D’autres boat boys arrivent et cernent le bateau. Ils ont des tas de breloques à vendre, mais on ne peut tout leur acheter. Je me demande s’ils vont monter à bord… Un couteau entre les dents ??

Nous aimerions trouver un endroit calme pour passer la nuit. Le lieu semble tranquille, tant mieux. Mais rien ne le garantit. En effet, on peut constater depuis le début de notre voyage, que dans les iles, la musique fait partie du quotidien. Pour la plupart, les autochtones n’ont pas la télé ni l’électricité, et la musique et la danse ponctuent leurs journées. Un groupe musical ou deux jouent à la tombée de la nuit pour tous les habitants de l’ile et des bateaux qui mouillent non loin de là.

Avant de passer aux choses sérieuses, c'est-à-dire, l’apéro et le diner, on décide d’avancer un peu dans l’ile afin de faire sa connaissance. Là aussi, ca sent le rhum et le One Love…

Partout dans ces iles les personnes rencontrées sont adorables et les paysages colorés sont à couper le souffle, avec comme infini, la mer et les iles voisines. Elles ne sont pas encore touchées par le tourisme à tout crain et les résidences hôtelières bon marché. Même si on peut y voir de temps en temps tout de même deux ou trois beaux 4x4 roulant musique hurlante, et vitres teintées…

Je disais donc, apéro et diner.
Pour l’heur, nos Doudou 2, ont encore dans leur botte secrète deux adresses des plus authentiques. Pour l’une des plus insolites, et pour l’autre des plus locales possibles. Nous étions dans les parages l’après midi avant de faire notre escapade dans l’ile, mais nous ne nous imaginions pas l’ambiance qu’il pourrait y avoir le soir. Si loin de tout, et pourtant si décalée et animée le soir.

Le diner chez Bénis, le local de l’étape. Simple, authentique, One Love également comme il se doit par ici. Nous sommes les seuls clients du restaurant et le groupe steelband, percute ses caissons juste pour nous (et pour toutes les oreilles avoisinantes). Mais aussi, 200 mètres à côté, l’apéro au Black Baron repaire de pirates avec bain de pieds à l’entrée, et cercueils de bois noir en guise de tables. Pour l’anecdote, le film Pirates des Caraïbes ayant été tourné dans tout l’Arc Antillais, toutes les iles se le revendiquent. Etablissement tenu par des Français, et un trio d’orchestre (piano, saxo, flute) envoute la salle. Un moment là encore, irréel.

       

Mercredi 4

Cumberland > Canal de St Vincent > 2 pitons et Soufrière à Ste Lucie

7H00 du mat’,
J’ai pas d’frisson… 

C’est dommage, mais il faut y aller. Ca sent le retour de plus en plus. On essaie de capter sur nos mobiles quelques informations sur ce qui se passe en Métropole ou en Martinique et en Guadeloupe. Aurons-nous des transports de retour assurés ? Impossible de capter quoique ce soit.

La traversée du canal St Vincent va être longue. 6H00 de navigation sont prévues. Martine a préparé, en bonne chef de cuisine, les cakes et autres tartes salés.

      

Chantal manifeste son ras le bol ! Ca tape dur ! 6H de traversée rock & roll. Mais une fois arrivés dans le parc protégé des 2 pitons, oubliées les heures de traversée, l’instant est magique tellement le lieu est imposant.

Heureusement là encore, nous somme visités par tous ces boat boys. On s’habitue à eux et nous sommes contents de les voir et de les faire travailler. Pain, fruits et autres produits leurs sont achetés.  

 

Paquito dit « Doc Gyneco » vient nous proposer ses fruits Woody en compétition avec un de ses collègues, assure notre mouillage ainsi que les excursions en ville, la visite de la Soufrière, le bain à la piscine d’eau chaude, le jardin tropical, les guides et les taxis.

    

Plus tard dans la soirée, c’est Peter le Ranger, qui, entre deux bateaux à contrôler dans la baie, monte à bord de notre bateau, pour siroter avec nous notre Chardonney !!.

Jeudi 5

2 pitons Soufrière > Castries > Rodney Bay à Ste Lucie et > Ste Anne en Martinique

La météo pour vendredi s’annonce mauvaise. Nous changeons nos plans et décidons de traverser aujourd’hui le canal de Ste Lucie pour nous rendre à Ste Anne en Martinique, mais avant, nous nous arrêtons dans le port de Castries à Ste Lucie pour  y faire le marché, puis nous arrêter à Pigeon Island dans Rodney Bay au nord de l’île pour déjeuner.

       

Encore un grand plouf dans une eau transparente puis vers 14H00, nous prenons la mer pour traverser le canal de Ste Lucie. 3 Heures de navigation cette fois ci decrescendo sont prévues. Les grains passent au loin. Ca commence à sentir la fin des vacances. Chacun est perdu dans ses rêves, cherchant qui l’ombre, qui le soleil, le Capitaine fixe l’horizon, négocie les vagues. Puis, alors qu’on ne s’y attend plus, une énorme famille de dauphins nous rattrape. On peut les voir arriver par deux ou trois, danser autour de nous et faire leur ballet habituel, longeant en parallèle le bateau, puis le must du must sortir de l’eau avant de plonger devant le bateau. Encouragés par nos cris, nos sifflets, nos bravos, d’autres arrivent, puis d’autres encore, et encore, et encore, et encore. Presque toujours avec le même scenario, le même tempo. On en voit encore au loin qui arrivent. Martine les prend en photo. Combien sont-ils ? 50 ? 60 ? Je ne sais pas, mais quel bonheur !

Mouillage à Ste Anne, peu avant le coucher du soleil. Just in time pour la photo! Exactement comme prévu par François !

Vendredi 6
Ste Anne > Cul de sac des Anglais en Martinique

Jean-François est comme toujours le premier debout. Il s’est, depuis le début du voyage, collé d’office à la corvée de vaisselle de la veille au soir. Dans ce style de croisière, chacun participe sans règles établies à la vie à bord. Qui fait la vaisselle, qui l’essuie, qui met la table, qui fait la cuisine etc.…, et ce, trois fois voire 5 fois par jour, si l’on compte les gouters et apéros. L’intendance tourne suivant l’envie de chacun, ça contribue d’ailleurs à la bonne humeur. Rien à voir avec les croisières guindées où le service est assuré. Nos hôtes nous gâtent par l’élaboration de leurs plats, Chantal par ses sauces et ses salades.

Martine s’affère à la clearance au Marin. Sous la pluie on fait le plein d’essence, on complète d’eau les réserves, et on part vite remplir un caddy de victuailles car des rumeurs de fermetures de magasins nous parviennent. Les grèves en Guadeloupe font tâche d’huile en Martinique. Dans le supermarché ouvert tout près du port, ça sent l’exode. Les gens se pressent, les paniers sont pleins. Et encore les doutes. Y aura-t-il des avions et des bateaux pour le retour ?

      

Le beau temps revient lorsque nous quittons le Marin. Nous partons pour le Cul de Sac des Anglais au sud-est de la Martinique. En début d’après midi, nous sommes dans ce mouillage désert et sauvage, et allons à terre découvrir la nature. Le soleil tape haut et fort. C’est bon. 

       

Samedi 7
Cul de Sac des Anglais >Petite Grenade à Vauclin en Martinique

Le temps est agréable. On se prépare à partir pour une navigation de 2H30 plus au nord sur la côte au vent de la Martinique, jusqu’à la Petite Grenade.

Deux autres voiliers seulement ont eu la même idée que nous. C’est vraiment peu en cette période touristique. Ils sont mouillés là, dans cette petite baie protégée par la barrière de corail. L’eau y est comme figée, d’un bleu turquoise, une mer d’huile. On peut voir l’occupant d’un bateau faire quelques pas à terre sur la Petite Grenade. Tout nu nous semble t’il avec nos jumelles !! Puis revenir quelques minutes après se rouler dans le sable, se frotter tout le corps de sable, avant de remonter sur son bateau, et y passer la nuit.

       

Une dernière plongée masque, tuba, palmes, s’impose avant le retour demain en métropole. Mais la marée haute nous balance de vague en vague et la visibilité n’est pas idéale pour la plongée. Alors avant de remonter à bord du Charmeur de vent, on décide de mettre pied sur la Petite Grenade comme on l’a fait tout au long de notre croisière afin de faire connaissance avec les iles, mais à notre grand regret, des plantes urticantes nous obligent à battre en retraite dans la douleur…. Et à nous rouler nous aussi dans le sable…. Nus ??? Joker !

Dimanche 8
Petite Grenade > au Marin > Paris

Il est près de 7H00 dans la Petite Grenade lorsque les premiers se lèvent.

Une dernière toilette en mer pour chacun, une dernière vaisselle matinale pour le Doudou, puis c’est l’heure du petit déjeuner et de l’orange pressée.

La journée s’annonce belle et chaude. Les 3H00 de navigation pour rejoindre le port du Marin sont délicieuses. Ca sent le départ, nous faisons nos bagages, les frigos se vident, le vieux rhum est fini, le Chardonnay aussi.

Lundi 9
10H30 Arrivée Paris 

Inutile d’épiloguer sur l’arrivée en Métropole. Après avoir séjourné à des températures oscillant entre 27 et 30°C, le zéro °C à 10H00 du matin parait glauque. Surtout en tongs !

Notre désir le plus profond reste de faire en sorte de pouvoir ressentir les mêmes émotions et les mêmes joies lors de prochaines vacances, que celles que nous avons ressenties.

Notre circuit a été créé, développé, bichonné au fil des voyages par François et Martine, des amoureux de la mer, pour des amoureux de la mer.

Bien amicalement,
Anne 


                                Vive Bleu Grenadine ! 


                                     Carriacou

 
Lundi 16 février
Jour de l’anniversaire de Martine, la grève en Martinique, depuis le 5 février, commence à bien perturber tout le monde. Comme souvent, nous allons au cybercafé pour consulter nos courriels et winfinder pour les conditions météo en vu de notre départ, demain, pour Carriacou. Sylvie, la patronne du cybercafé, nous demande si nous pourrions faire un aller retour à Ste Lucie le lendemain afin de leur ramener de l’essence et du gasoil. Ne pouvant le faire le lendemain, nous leur proposons d’y aller ce jour. Branle-bas de combat, les commerçants voisins se lient à nous et nous voici partis vers 14h avec l’équipe du restaurant le Ti-Toques, cap sur Ste Lucie. 

           

17h15 nous accostons à la pompe à essence de Rodney Marina et soudoyons le pompiste qui refuse de nous servir, l’heure étant largement passée. Une demi-heure plus tard, nous repartons pour la Martinique chargé de bidons de toutes tailles contenant environ 500 litres de carburant.

         

Vers 21h30 nous mouillons au Marin et débarquons les bidons de carburant, accueillis comme des sauveurs par de nombreuses personnes. 

Mardi 17 février



Peu avant le levé du soleil, nous mettons en route vers le Sud. Le temps est beau mais le vent un peu faible et nous devons nous aider du moteur si nous ne voulons pas arriver à Bequia trop tard.



Une heure après la tombé de la nuit, nous mouillons dans Admiralty Bay à Bequia après 90 Mille nautique de navigation. 

Mercredi 18 février
Après une bonne nuit de repos et un bon petit-déjeuner, nous repartons pour Carriacou, toujours voile et moteur tant le vent est faible. Vers 14h nous mouillons dans Tyrrel Bay, accueillis par Sylvie, Iwen et leurs enfants.

Du jeudi 19 au jeudi 26 février

 

Durant ces 8 jours nous avons du pain sur la planche au niveau technique, avec Dominique Weber pour des modifications sur le portique du bateau, supportant les panneaux solaires et l’annexe et avec Petra pour des réparation sur la voile et le lazzi bag qui enveloppe la voile à l’arrêt.

 

 

Le reste du temps est consacré aux amis et au carnaval à Hillsborough, agrémenté de balade en bus pour les clearances et les courses.

                   De Carriacou à la Guadeloupe

 
Vendredi 27 février


Nous repartons vers le Nord avec une météo idéale, nous passons entre Palm Island et Union d’un seul bord

et en profitons pour traverser les hauts fonds entre Mayreau et les Tobago Cays

puis sous le vent de Canouan et terminer notre première étape à Bequia sans jamais utiliser le moteur. Nous faisons un petit ravitaillement et allons nous coucher tôt en prévision de la soirée du lendemain.


Samedi 28 février
Vers 8h départ pour St Vincent, la météo est toujours favorable et mouillons à Cumberland à 11h pour une après-midi farniente.

Au couché du soleil nous débarquons pour l’ultime soirée au Black Baron de Line et Bruno où tous les habitués sont invités à un buffet arrosé et musical.

Dimanche 1er mars



Aux aurores, après une courte nuit, nous quittons Cumberland où tout le monde semble encore dormir. Line et Bruno doivent se rendre en Martinique avec leur voilier pour le livrer à son nouveau propriétaire, ce soir, ce sera Jean-Louis qui prendra la suite du Black Baron. Pour notre part, nous faisons route sur Ste Lucie afin d’y faire un ravitaillement, la Martinique étant toujours installée dans une grève qui se durcie.

Prise du corps-mort à la Soufriere à l’heure du déjeuner et après-midi détente.

Lundi 2 mars
A peine le soleil levé, Martine déjà debout sonne le branle-bas de combat et nous mettons en route pour Castries où nous souhaitons faire le ravitaillement. Peu avant 9h nous entrons dans Castries, la pompe à essence étant fermée, nous allons au supermarché, ceux de la Martinique étant fermés par la grève. Vers 11h30 nous retournons vers le poste à gasoil avec Charmeur, peu avant d’y arriver, nous croisons la police du port qui nous désinforme en soutenant que la pompe est fermé et n’ouvrira que demain. Moins de 5 minutes plus tard nous arrivons au poste à gasoil, accueillit à bras ouverts et servit sans délai. Il semblerait qu’avec les événements en Martinique les navires battants pavillons français ne soient pas les bienvenus et ne sont plu servis à la Marina de Rodney, l’argument étant que la pompe est vide, depuis plus d’une semaine, dans une île possédant la plus grosse réserve de carburant des îles Caraïbes. En fin d’après-midi, après une navigation très agréable depuis Ste Lucie, nous mouillons au Marin et retrouvons Térésa, Yannick et Marie sur Reder Mor pour l’apéro. 

Mercredi 4 mars
Après le petit-déjeuner et les formalités de douane, départ pour le Nord. Patrick et Alain sur Norievana sont sur le départ de Ste Anne et nous nous retrouvons à la sortie du chenal du Marin pour faire route ensemble.

  

Peu avant d’arriver à St Pierre, nous avons la visite d’une famille de dauphins puis
mouillage à St Pierre vers 14h


sieste et petite promenade dans une ville frappée par la grève, la superette ouverte n’a pratiquement rien à vendre. Patrick et Alain nous retrouvent à bord de Charmeur pour l’apéro et un repas improvisé de restes.

Jeudi 5 mars
7h du matin nous secouons Norievana de la voie pour faire route sur la Dominique.

           

Un peu en avance sur eux nous longeons la côte Nord de la Martinique au moteur jusqu’à l’Anse Couleuvre et l’îlet La Perle puis faisons route ensemble vers la Dominique. La mer est belle, le vent favorable et la traversée agrémentée de grains qui nous permettent d’accélérer.


En chemin nous doublons Austral que nous retrouverons à Portsmouth au Nord de la Dominique pour l’apéro et un échange de photos.

                                          

Sous le vent de la Dominique, à nouveau visite de dauphins que nous avons le temps de filmer.

Le soir, dîner langouste à terre en compagnie de Patrick et Alain rejoints par Nathalie et sa fille Emeline qui vivent sur place.

Vendredi 6 mars
7h du matin, nous tournons autour de Norievana avec Charmeur pour les harceler afin qu’ils se joignent à nous pour nous rendre à Bas du Fort en Guadeloupe.





Après une heure à la voile, comme l’avait annoncé la météo, le vent tombe et tourne au Nord, nous obligeant à continuer au moteur. Au vent des Saintes, nous avons le plaisir de voir le saut d’une baleine puis son souffle, elle semble se diriger vers le Sud.
En début d’après-midi, nous mouillons à Bas du Fort pour les formalités d’entré en Guadeloupe et un petit ravitaillement pour les prochaines 24h et nous repartons pour le mouillage de la nuit à l’îlet Gosier, suivis par Norievana, un BBQ est prévu ce soir sur Charmeur.

Samedi 7 mars


Après une grasse matinée, nous repartons pour St François avec un vent de Nord Nord Est assez fort comme annoncé par la météo et heureusement nous sommes à l’abri de la côte Sud de Grande Terre.
Nous mouillons peu après midi dans le lagon de St François, l’après-midi est consacré au ravitaillement et sera l’occasion de croiser Chantal et Jean-François que nous retrouverons le soir dans leur appartement pour l’apéro.

Dimanche 8 mars
Levé tôt pour aller avec Patrick à la messe dans l’église St François d’Assise puis marché très sympathique dans le bourg de St François, Chantal et Jean-François doivent nous rejoindre à bord pour le repas de midi, demain ils prendront l’avion pour retourner en métropole.




Après le déjeuner, Chantal et Alain m’accompagne pour une balade digestive sur la barrière de corail. En fin d’après-midi Chantal et Jean-François, débordés, nous quittent, la soirée sera sur Norievana.

Lundi 9 mars
Beau temps mer belle, nous démarrons après le petit-déjeuner, toujours accompagnés de Norievana, cap sur Marie Galante avec le vent et la mer dans le dos.



Midi et demi nous mouillons à St Louis, le mouillage est rouleur nous allons être bercés cette nuit. Nous débarquons et redécouvrons un bourg désert et silencieux, pratiquement tous les commerces sont fermés.
19h nous allons à terre avec Patrick et Alain pour nous rendre au restaurant sur la plage où nous avions réservé pour 19h. Surprise, le restaurant est fermé et nous nous rabattons sur le seul restaurant ouvert, sans regret il est très correct et nous passons un bon moment.

Mardi 10 mars
Après une nuit à être secoués, tant le mouillage était rouleur, nous récupérons l’équipage de Norievana et allons retrouver Marcel pour une visite de Marie Galante dans son minibus. Nous commençons par un tee punch à 9h du matin pour goûter le sirop batterie puis l’hôpital de Grand Bourg pour la vue puis Grand Bourg et son marché



ensuite l’Habitation Murat,



Capesterre et sa magnifique plage, la distillerie Bellevue au grand damne de notre foie, le moulin Bezard, la fabrique de farine de manioc, la Gueule Grand Gouffre tout au Nord de l’île et enfin retour sur St Louis après un arrêt à Vieux Fort pour le plaisir des yeux.



Vers 12H30 nous rejoignons nos bords respectifs, après nous être souhaités un au revoir puis nous envoyons les voiles pour faire route vers Gosier tandis que Norievana se dirige sur la Dominique. 16h nous mouillons à Gosier en attendant le lendemain qui sera consacré à des travaux techniques à Bas du Fort.