Amitiés et partage

Croisière Marie Frédérique

Après un été à Paris au travail et quelques virée en Province pour rendre visite aux personnes qu’on aime, nous voici sur Charmeur de Vent quelque peu éprouvé par notre abandon et le climat chaud et humide de la saison cyclonique. Tout d’abord, il nous exprime son mécontentement en se bloquant sur la commande d’inverseur et en nous faisant une grosse flemme énergétique du genre j’ai les batteries à plat. Bref, nous le rhabillons de ses plus beaux atours et lui faisons une toilette au ponton de la marina.

De notre côté nous retrouvons les amis sur place, Luc qui n’aime pas les bateaux mais en vie et que nous espérons, par ses qualités humaines, retrouver le plus souvent possible. Yannick et Térésa, témoins et vecteurs de valeurs des années 70 où le rêve était autorisé et s’y sont engagés. Marie et Ponpon, indissociables par leur différence, l’une ouverte et engagée, l’autre imaginatif, maître dans l’art de la dérision, de l’autodérision, de la rébellion et fermé à tout ce qui ne répond pas aux valeurs fondamentales de la vie, rejoignant en cela son ami Bernard Moitessier.

Au bout d’une semaine de labeur et de retrouvailles, nous voici prêt à recevoir Marie-Frédérique pour une virée d’une semaine. Après une nuit au mouillage à Ste Anne, nous faisons route sur Ste Lucia où nous arrivons sans encombres à Marigot Bay, Marie-Foldingue aillant bien prie un Mercalm indispensables à une navigation sereine quand on n’est pas amariné.

La journée suivante, après avoir rempli nos devoirs auprès des autorités douanières locales, nous faisons route sur les 2 Pitons au Sud de l’île. J’accompagne la randonneuse à terre, un temps, puis l'abandonne à sa soif de découverte, rendez-vous étant pris à l’annexe au bord de l’eau.

Le lendemain, nous naviguons au moteur, le vent étant toujours aux abonnés absent, et faisons route vers le Nord de l’île en longeant la côte.

 Le premier arrêt est aux environs de midi à Castrie, la capitale de l’île, pour y faire notre marché puis nous refaisons route vers le Nord jusqu’à Rodney Bay, après un détour dans la marina. La journée se termine par une grimpette sur Pigeon-Island.

Le temps passe vite et, le lendemain, nous décidons de repartir vers la Martinique pour aller à la découverte de la côte au vent. Encore une fois, le vent n’est pas au rendez-vous et devons faire ronronner le moteur pour la plus grande joie des batteries. En fin d’après-midi, nous mouillons à Petite Grenade, petit paradis connu de peu de gens tant son accès est délicat. Marie-Frédérique part à l’aventure avec l’annexe et confrontée aux humeurs de son moteur, se retrouve à l’aventure et à la rame.

Après une nuit des plus paisible, nous nous offrons une séance de palmesmasquetuba sur le corail à la découverte de leurs occupants. Suite à cette matinée baignade, nous repartons pour une courte navigation, à l’abri de la barrière de corail, qui nous rend au François, charmant prénom, pour une escapade terrienne afin de nous ravitailler et apporter matières à l’imagination culinaire de martine. La journée se termine après une excursion à l’îlet Oscar et la baignoire de Joséphine agrémentée par la pluie si appréciable sous ces latitudes.

Avant dernier jour de croisière pour Marie-Frédérique, le vent et la mer se la jouent, histoire de se rattraper de leur fainéantises. Le mouillage prévu au Cul de Sac des anglais est compromis et nous nous rendons, version Rock and Roll jusqu’à Caritan, bien à l’abri des humeurs du temps. Arrivés, un coup de fil à Air France, nous apprend que suite aux grèves, nous n’avions aucune raison de nous précipiter, le vol de Marie étant annulé, la pauvre, devra après un jour de retard, se rendre à St Martin pour y récupérer un vol l'acheminant à Paris au moment où elle devrait être au boulot.

Viviane et Serge, les acheteurs du premier Charmeur de Vent, arrivent et la dernière soirée de Marie et Thierry se fait en leur compagnie. Les quatre jours qui suivent seront consacrés à la mise en main de Charmeur de Vent BX, baptisé Bonaventure suite aux formalités douanières.

Jeudi 20 novembre, le temps est venu pour nous de faire route vers Grenade où nous devrons procéder au carénage de pépère Charmeur de Vent et lui changer sa petite culotte afin qu’il ai fière allure durant nos navigations sur l’arc antillais. La première nuit se passe aux 2 Pitons où la bouée de corp-mort sera négocié en parti au ti-punch avec les gardiens de la réserve.

Vendredi 21 novembre, le vent reste correcte et une navigation tranquille, à la voile, nous conduit jusqu’à Bequia.

Samedi 22 novembre, 15 nœuds de vent nous permettent de faire route au ralenti jusqu’à Tyrrel Bay à Carriacou.

Dimanche 23 novembre , le vent à 10 nœuds de Nord Est dans les rafales nous oblige à une navigation au moteur au vent de la côte de Grenade, nous arrivons à St David Bay vers 13h30. Le mouillage y est calme et enchanteur.

Les 5 jours qui suivent sont loin d’être enchanteurs. Chaleur, moustiques, labeur, tout pour être heureux et compter les jours qui nous séparent de la remise à,l’eau du bateau, loin des moustiques, avec un peu plus d’air et la possibilité de piquer une tête dans la mer à tout moment