Amitiés et partage

 

Bleu Grenadine

Pas de crise pour Bleu Grenadine !

Malgré les grèves qui paralysaient le commerce en Guadeloupe et en Martinique, rien n’est venu affecter notre croisière dans les Grenadines. Cette destination reste magique et incomparable. Quel succès pour ces Iles visitées. Ces iles mythiques de sable blanc, de mer chaude et transparente, de cocotiers, de parfums, de senteurs, de couleurs, que tout voyageur veut accrocher à son carnet de voyages. Iles de Carriacou, Petite Martinique, Petit St. Vincent, Palm, Union, Mayreau et les Tobago Cays, Canouan, Morpion, Moustique & Bequia, etc…

Alors que l’entreprise business a largement remplacé aujourd’hui les navigateurs d’antan, le but de nos hôtes, François et Martine, est resté le même. Faire simple, et faire que tous les voyageurs reviennent chez eux différents, avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’exceptionnel, quelque chose restant à jamais gravé dans leur mémoire de citadin


                C’est ça la magie Bleu Grenadine

Et nous ?
Nous, c’est, Patrick, dit My Darling ou encore Chouchou, moi-même également une Chouchou, Chantal et Jean-François, des Doudou et pour vous mettre dans la confidence, nos hôtes sont aussi des Doudou. 


En plus de vingt ans de voyages divers, et un essai de quelques jours l’an passé sur le voilier de notre ami Jean-Luc, nous avons fait en sorte cette année (les Chouchou et les deux premiers Doudou) de tester la croisière de deux semaines à bord d’un voilier similaire. Nous ne voulions pas de croisière à 12, 30, 200, ou 3000 personnes. Non, mais quelque chose de vrai, d’authentique, de coloré, de sportif. Quelque chose qui sente bon le soleil, le sel, les alizées, les embruns et la mer.

Pour nous en souvenir plus longuement encore, et tenter de vous faire vivre nos belles vacances, voici quel a été notre livre de bord.



Samedi 24 janvier 2009
Après avoir récupéré en fin de journée la voiture de location à l’aéroport de Fort de France, nous nous rendons au port du Marin où nos hôtes nous attendent. Un Planteur en guise de verre de bienvenue pour faire connaissance et donner le tempo Caraïbes du voyage, quelques informations sur la croisière et sur le bateau, quelques acras au restaurant de la marina, et dodo.

Dimanche 25
Le Marin 
Levés tôt comme il se doit en raison des fuseaux horaires, nous partons faire un petit jogging sur la route de Ste Anne, ramenons au passage le pain frais et des viennoiseries au bateau, où nous retrouvons nos hôtes pour le petit déjeuner. Puis pendant qu’ils effectuent les dernières formalités avant le départ, nous les quittons pour aller accueillir nos amis Chantal et Jean-François sur le ponton de l’Express des Iles en provenance de Guadeloupe.
Déjeuner dans la marina des Trois Ilets.
Retour au bateau joliment appelé le Charmeur de Vent.
Apéritif local, gratin de poisson, ananas frais, ponctuent cette journée


Lundi 26
Le Marin > Marigot Bay à Ste Lucie



10H30 c’est le grand départ. Notre premier jour de navigation.
En mer pour l’aventure ! Toutes voiles dehors. En avant, toutes !

Tous, se posant les mêmes questions. Comment se passeront ces deux semaines à bord malgré l’amitié qui nous lie, la promiscuité, l’eau à utiliser avec parcimonie, mal au cœur, pas mal au cœur, l’intimité de la toilette et des toilettes, les approvisionnements, les pirates des mers dont on a tant entendu parler, où et comment se procurer la monnaie officielle l’’East Caribbean dollar, etc…etc…

Direction Ste Lucie. Pour info, Ste Lucie, est un Etat indépendant depuis 1979 et membre du Commonwealth. Elle se situe environ 40 km au sud de la Martinique et 32 Km au nord de St Vincent et des Grenadines.

Nous déjeunons en arrivant à l’abri de Ste Lucie d’une tourte au Roquefort qui fait l’unanimité.

Les garçons, eux, sont braves, courageux, forts ! Ils ont le pied marin. Les filles, pleines de doutes préfèreront avaler un comprimé de Mercalm.

Le canal de Ste Lucie se passe sans difficulté, la mer est bien formée, la navigation est agréable. Vers 16H30 nous arrivons à notre première escale, Marigot Bay. Avec l’aide d’un boat boys, nous y prenons un corps-mort et nous lui achetons notre premier régime de bananes. Petites, sucrées, délicieusement parfumées. La banane deviendra notre aliment indispensable en navigation pour combler le creux des vagues…

Marigot Bay a été tellement photographiée à travers le monde, qu’il nous semble l’avoir toujours connue. Elle fait déjà partie de nous. Un petit tour à bord de notre annexe pour approcher la mangrove, une promenade sur les quais où transitent quelques beaux navires, et deux verres pour le prix d’un au bar sur pilotis de la plage car c’est Happy Hour !! ça commence bien. Ca commence fort !

         


Le soir, ce sera de la viande grillée qui fera notre enchantement.

Mardi 27

Marigot Bay à Ste Lucie > Bequia - St Vincent

6H40 départ pour Bequia (petite ile au sud de St Vincent) Saint Vincent est un Etat indépendant, composé de petites iles, mais aussi la capitale économique des Grenadines. Kingstown est la ville principale et on peut sentir à son approche, les émanations du volcan de la Soufrière.

Par précaution, prise d’une pilule miracle pour les filles aujourd’hui encore, et nous partons voguer pour la traversée du canal de St Vincent où nous découvrons une navigation longue de 9H30 avec un chaloupé crescendo. La mer passe d’un bleu turquoise à un bleu puissant au fur et à mesure que les vagues se font fortes, hautes, et intenses. Une famille de dauphins, nous rejoint et nous accompagne un instant. Ils parviennent à nous faire oublier la houle. J’écarquille les yeux espérant apercevoir une baleine car elles ont été longtemps la spécialité de l’ile. Que nenni ! Pas de baleine à l’horizon.

 

Ouf ! 9H30 plus tard, nous entrons dans Admiralty Bay à Bequia. François s’adonne aux formalités de clearance en douane pour entrer dans les iles de St Vincent et nous, en bons touristes, découvrons les artisans locaux. Un grain soudain et plus intense qu’à l’accoutumé, nous oblige à courir en tongs, les bras chargés de victuailles, et à nous rabattre sur le bar du coin, le Frangipanier, pour y déguster un cocktail de fruits frais. Un bar insolite avec un comptoir taillé dans une mâchoire de baleine avec des tabourets taillés eux dans de véritables vertèbres de cétacés.

          

Le soir Colombo de poulet maison. Un régal !


Mercredi 28
Bequia - St Vincent > Tobago Cays



Aventure quand tu nous tiens !

Vers 2 heures du matin le corps-mort sur lequel nous sommes accrochés se déplace par le vent soutenu de la nuit et les chocs sur le catamaran voisin nous réveillent.

François en vrai capitaine de vaisseau évalue immédiatement la situation. Démarre au moteur dans la nuit noire, en quête d’un lieu efficace pour mouiller l’ancre.
Trois quarts d’heure plus tard, un mouillage de l’autre côté de la baie, devant le Devil’s Table, nous assure une bonne fin de nuit.

Un dernier shoping à terre encore le matin, puis direction vers les Tobago Cays. Quelle belle destination ! Des plages de sable blanc, une eau turquoise, une eau transparente, une eau de carte postale.

Près de 4H00 de navigation avec de fréquents et intenses grains incommodent la traversée mais, en braves petits marins en devenir que nous sommes, nous résistons et nous nous adaptons tous les jours un peu mieux.

Un autre voilier s’est approché de nous pendant notre navigation entre Bequia et Canouan. Nous naviguons comme cela côte à côte depuis quelques temps pour savoir qui grattera l’autre, lorsque soudain nous voyons danser et parader autour de notre bateau une grande famille de dauphins. Une bonne dizaine, du plus gros au plus petit. Du plus joufflu au plus affuté. Nous jouons de plaisir avec eux, ils semblent entendre nos sifflements et nos voix. Après maintes pirouettes, ils repartiront comme ils étaient venus, sans même un regard vers l’autre bateau, pour le plus grand déplaisir de ses occupants.

En début d’après midi, mouillage entre Petit Rameau et Petit Bateau. 

        

       

Nous allons nager sur l’ile aux tortues, la mer est un peu agitée, et les tortues semblent avoir déserté la place. Une cependant s’approche du bateau et nous montre sa jolie petite tête ronde avant de faire un plongeon et disparaitre dans le bleu translucide de la mer.


Nous achetons à Angelo, un des nombreux boat boys, une daurade coryphène que François nous effilera et préparera pour l’apéro, et en tartare pour le repas.



Jeudi 29
Tobago Cays > Clifton àUnion Island

A l’approche d’Union Island, nous rencontrons le beau Walter (un autre boat boys) avec ses dents en or, et son sourire carnassier, qui est venu nous vendre ses produits et à qui nous commandons du pain. Il se plie volontiers à la photo souvenir, la bouche grande ouverte, toutes dents dehors, prêtes à nous dévorer !!

        

Sydney, boat boys Rasta portant masque de ski pour brouillard et tempête de neige, arrivera à nous convaincre de lui acheter quelques tee-shirts.


Angelo quant à lui, boat boys à tout faire, nous aura conquis avec son repas langoustes. Nous le suivons sur Petit Bateau, près de la même plage où nous étions la veille à essayer de voir les tortues. Nous amenons les « liquides », et il se charge du repas. Une vraie carte postale. Les cocotiers sont bien là, comme le lagon variant du bleu turquoise au bleu outre-mer, le soleil, la chaleur, les fruits, le rhum, le rosé, les langoustes et les petits légumes cuisinés par Angelo. Un pur bonheur, un moment de grâce.

       

Une petite marche à travers l’ilet et nous nous rêvons déjà en Robinson. Le courage en moins !

Le soir nous appontons à l’Anchorage Yacht Club d’Union Island et y dinons après avoir visité la galerie de tableaux du maitre de céans. Pour la petite histoire, ce peintre et propriétaire du restaurant est aussi médecin. Il y a quelques années il habitait le bateau encastré dans la roche à l’entrée de l’ile des Saintes.

      

Toutefois avant de passer à table, se décide une rapide petite visite de Clifton Harbour pour y effectuer quelques achats souvenirs, et visiter la ferme-aux-cochons-auberge-restaurant-bar-galerie-One Love, d’une famille de baba cools très très originaux, oubliés là, il y a quelques décennies….



Vendredi 30
Union Island > Tyrrel Bay à Carriacou à Grenade

La nuit est très agitée. Du vent. Beaucoup de vent. De la pluie, de la grisaille. Des cliquetis dans les mats de tous ces bateaux venus comme nous, pour se protéger du mauvais temps, s’apponter à l’Anchorage Yacht Club rend notre sommeil léger. L’expérience de l’autre nuit à errer dans le noir pour trouver un autre mouillage a laissé quelques traces…


François décide de changer de lieu afin de trouver une météo plus calme. Alors on se met à faire au plus vite les derniers achats de fruits frais, de déposer les cartes postales chez l’artisan du coin, et de visiter le bateau voisin qui est à vendre, des fois que l’envie nous prenne d’en devenir propriétaire.


Direction Tyrrel Bay à Carriacou, endroit ultime de notre traversée. C’est après Carriacou, que nous entamerons notre retour vers la Martinique.

Il se dit par ci par là, que dans cette zone, on devrait trouver des boat boys revendant des vins du Chili. Une envie de Chardonnay nous prend. Ca irait tellement bien avec les poissons crus que nous préparent nos Doudou 2.Nos palais commencent à titiller.


En approchant de Tyrrel Bay, nous affalons les voiles et la navigation se fait au moteur, puis le vent se lève, la mer s’agite un peu plus. Un grain passe tout près, le bateau n’avance plus. Notre capitaine est pris d’un énorme doute. Et si nous avions perdu l’hélice ! Quelle question !!! Je n’imaginais même pas que ça pouvait se perdre une hélice !.

Aussi rapide que l’éclair, et devant nos mines interloquées, prend son masque et tuba, ôte teeshirt, short, et maillot de bain et se met à l’eau. Tout nu !! Comme quoi, la mer, ça rapproche.

Non, tout va bien, mais il faut réparer.

Le temps a rapidement changé. La mer roule toujours, mais il fait soleil, il fait chaud. Patrick, mon Chouchou est désigné d’office à s’installer dans la soute pour surveiller les écrous, Jean-François et François, les Doudou, sont à la navigation. Nous, les filles, on balise !

La bonne humeur est toujours là. Mais que dire lorsqu’un boat boys nous approche pour nous proposer du Chardonnay ! On hésite à peine un bref instant, puis on se lance ! Et hop ! 12 bouteilles. Un vrai luxe.

Le soir, arrivés à Carriacou, François s’activera avec son ami Dominique Weber, sur son garage flottant, pour réparer ce qui aurait pu être plus embêtant, mais qui heureusement se termine bien.

Nous en profitons pour aller à terre, monter dans un taxi communal, et faire un petit tour de l’île et visiter Hillsborough. Arrivons trop tard. Il est 16H30 et les magasins ferment.

Iwen, également dépanneur sur l’eau, son épouse Sylvie, et leurs enfants Morgan et Salomé viennent prendre l’apéritif sur notre bateau. Qu’il est loin pour eux le confort. Qu’elle est loin la vie matérielle. On les regarde comme des extra-terrestres. Ils naviguent avec leurs enfants depuis des années. De très beaux enfants, polis, épanouis, intelligents, heureux.

       

Samedi 31
Carriacou > Midi à Morpion > Union Island > Mayreau

Ce matin est un matin qui ressemble aux autres matins.
Un petit déjeuner frugal nous réunit comme à l’accoutumée avec les oranges locales pressées amoureusement par François, le pain que nous amènent les boat boys, du thé ou du café suivant les estomacs, et des yaourts spéciaux pour les intestins fatigués (si vous voyez ce que je veux dire !)

Malencontreusement je loupe la marche de l’échelle et me retrouve en bas dans la carrée avec un orteil cassé. Emois et inquiétudes sur le moment car le diagnostic est difficile à faire. Tous les cas de figures sont discutés. Tous les changements de caps du voyage évalués, envisagés, pesés. Le capitaine, encore lui, fera les premiers soins ad’ hoc qui s’avéreront par la suite, ceux qui étaient effectivement à appliquer.

Le midi nous arrivons à Morpion, la plus petite ile de sable blanc qui existe dans l’Arc Antillais. Elle est comme un confetti blanc posé sur l’eau. Un minuscule lopin de sable immaculé et un parasol en palmes de cocotier planté là par l’homme pour s’abriter des rayons de soleil.

       

La plongée avec masque et tuba s’impose pour admirer les coraux et les poissons, et également il devient impératif de prendre quelques photos sous LE parasol de l’île.

Le soir, nous mouillons l’ancre dans Saline Bay à Mayreau pour un diner langoustes et poulet créole chez Robert, le Rasta le plus pur que j’aie jamais rencontré.
Tout le minuscule village est Rasta. La rue est Rasta. Des enfants aux grands parents, tous sont Rasta. La musique de Mr Bob Marley crie à tue-tête dans la ruelle unique du village. Du One Love partout. On le sent à la ronde…

       

Robert gère cette affaire en famille, et il fait à la fois sa propre communication, la cuisine, le bar, l’animation, l’accueil, et accessoirement soigne les pieds cassés. Quelques massages, un pansement à base d’alcool pur, du citron vert et le tour est joué. Magie des iles, influence des onguents, douceur du massage, ou phase normale des choses, mais à partir de là le pied désenfle et se porte de mieux en mieux !!!



Dimanche 1er
Aux Tobago Cays le midi
Nuit à Canouan



Nous prévoyons d’être aux Tobago Cays pour midi.

       

Aujourd’hui, c’est dans une mer bleu turquoise que nous visitons avec palmes, masque et tuba, la barrière de corail.

Puis nous arpentons l’ile à pied. Tout est fermé. Nous sommes dimanche. Seuls les barbiers et le bureau de Police de Charlestown sont ouverts. Une musique hurle ses décibels. On peut voir les habitants danser dans leur maison.

     

Avant de remonter sur le bateau, nous prenons un rafraichissement sur la terrasse d’un très bel hôtel adossé à Mooring Cie qui loue des voiliers dans la baie.

François et Martine, les Doudou 2, nous préparent comme ils savent si bien le faire, un thon cru à la créole. Un délice

Lundi 2
Canouan > Bequia

Nous quittons Canouan pour aller à Bequia.

4H de navigation baston. Plus besoin de petite pilule depuis plusieurs jours, mais ça tape dur. Nous essayons de capter avec nos mobiles la météo locale pour essayer de modifier notre croisière.

A Bequia, nous décidons de louer un petit taxi pick-up pour visiter l’ile. Chouchou, tente de négocier une heure de visite. Affaire conclue ! Ravis on monte dans ce drôle de petit véhicule bâché pour nous abriter du soleil, mais ouvert sur les côtés pour ventiler l’espace. On est contents. Heureux aussi de faire un peu de voiture après ces jours de bateau mais aussi de voir l’intérieur de l’ile. Toutes les iles sont différentes, toutes méritent d’être visitées. Mais 200 mètres plus loin le moteur commence à tressauter, puis s’arrête définitivement 300 mètres plus loin. Panne de carburateur selon le chauffeur, mais panne d’essence en réalité. Commercial jusqu’au bout, il appelle un neveu pour venir nous chercher et continuer (ou plutôt commencer) la visite de l’ile. 

                                                

    

On découvre grâce à lui d’autres plages différemment bleues, d’autres cocoteraies, des conifères arrivés là on ne sait quand et comment, des propriétés superbement manucurées, un élevage de tortues pour protéger les bébés tortues des prédateurs. On ne sait où donner de la tête tellement c’est beau. Le soleil est couchant, les couleurs des cocotiers virent au jaune, le bleu de la mer devient plus intense.



Mardi 3
Bequia > « Franchorage » et Cumberland à St Vincent

Ce mardi comme les autres jours, François et Martine, nous choisissent des endroits superbes, des criques pas ou peu fréquentées, comme notamment pour ce midi, un stop dans un lieu paradisiaque qu’ils ont baptisé Franchorage car si j’ai bien compris, il n’a pas de nom. Là encore, nous sommes le seul bateau.

       

      

On chausse palmes, masque et tuba pour plonger dans les fonds bleu émeraude. Pas la peine d’aller bien loin, juste au pied du bateau, des colonies de poissons différents semblent loger là. Des bleus, des jaunes, des violets, des cendrés, des longs, des ronds. François saute dans l’eau, un bouttt (il faut bien prononcer le t pour montrer son savoir de marin) dans la bouche, et quelques brasses plus loin amarre le bateau à un rocher. Martine nous concocte un de ses plats dont elle nous donnera ses secrets en fin de croisière.

Après un dernier plongeon et avant de quitter ce énième paradis, nous partons à bord de l’annexe du bateau faire un petit tour des grottes alentour. La couleur de la mer ressemble au bleu du ciel. L’eau est chaude, transparente, claire. A l’approche des grottes on entend les cris des chauves-souris qui nichent là. Le ressac nous empêche de trop approcher. Avec les années, le vent a façonné les roches. Avec l’imagination qui nous caractérise, on pourrait y lire la tête d’un pirate des Caraïbes.

       

Le soir nous arrivons à Cumberland. Nous y sommes accueillis par le boat boys Maxwell qui nous propose ses bijoux. D’autres boat boys arrivent et cernent le bateau. Ils ont des tas de breloques à vendre, mais on ne peut tout leur acheter. Je me demande s’ils vont monter à bord… Un couteau entre les dents ??

Nous aimerions trouver un endroit calme pour passer la nuit. Le lieu semble tranquille, tant mieux. Mais rien ne le garantit. En effet, on peut constater depuis le début de notre voyage, que dans les iles, la musique fait partie du quotidien. Pour la plupart, les autochtones n’ont pas la télé ni l’électricité, et la musique et la danse ponctuent leurs journées. Un groupe musical ou deux jouent à la tombée de la nuit pour tous les habitants de l’ile et des bateaux qui mouillent non loin de là.

Avant de passer aux choses sérieuses, c'est-à-dire, l’apéro et le diner, on décide d’avancer un peu dans l’ile afin de faire sa connaissance. Là aussi, ca sent le rhum et le One Love…

Partout dans ces iles les personnes rencontrées sont adorables et les paysages colorés sont à couper le souffle, avec comme infini, la mer et les iles voisines. Elles ne sont pas encore touchées par le tourisme à tout crain et les résidences hôtelières bon marché. Même si on peut y voir de temps en temps tout de même deux ou trois beaux 4x4 roulant musique hurlante, et vitres teintées…

Je disais donc, apéro et diner.
Pour l’heur, nos Doudou 2, ont encore dans leur botte secrète deux adresses des plus authentiques. Pour l’une des plus insolites, et pour l’autre des plus locales possibles. Nous étions dans les parages l’après midi avant de faire notre escapade dans l’ile, mais nous ne nous imaginions pas l’ambiance qu’il pourrait y avoir le soir. Si loin de tout, et pourtant si décalée et animée le soir.

Le diner chez Bénis, le local de l’étape. Simple, authentique, One Love également comme il se doit par ici. Nous sommes les seuls clients du restaurant et le groupe steelband, percute ses caissons juste pour nous (et pour toutes les oreilles avoisinantes). Mais aussi, 200 mètres à côté, l’apéro au Black Baron repaire de pirates avec bain de pieds à l’entrée, et cercueils de bois noir en guise de tables. Pour l’anecdote, le film Pirates des Caraïbes ayant été tourné dans tout l’Arc Antillais, toutes les iles se le revendiquent. Etablissement tenu par des Français, et un trio d’orchestre (piano, saxo, flute) envoute la salle. Un moment là encore, irréel.

       

Mercredi 4

Cumberland > Canal de St Vincent > 2 pitons et Soufrière à Ste Lucie

7H00 du mat’,
J’ai pas d’frisson… 

C’est dommage, mais il faut y aller. Ca sent le retour de plus en plus. On essaie de capter sur nos mobiles quelques informations sur ce qui se passe en Métropole ou en Martinique et en Guadeloupe. Aurons-nous des transports de retour assurés ? Impossible de capter quoique ce soit.

La traversée du canal St Vincent va être longue. 6H00 de navigation sont prévues. Martine a préparé, en bonne chef de cuisine, les cakes et autres tartes salés.

      

Chantal manifeste son ras le bol ! Ca tape dur ! 6H de traversée rock & roll. Mais une fois arrivés dans le parc protégé des 2 pitons, oubliées les heures de traversée, l’instant est magique tellement le lieu est imposant.

Heureusement là encore, nous somme visités par tous ces boat boys. On s’habitue à eux et nous sommes contents de les voir et de les faire travailler. Pain, fruits et autres produits leurs sont achetés.  

 

Paquito dit « Doc Gyneco » vient nous proposer ses fruits Woody en compétition avec un de ses collègues, assure notre mouillage ainsi que les excursions en ville, la visite de la Soufrière, le bain à la piscine d’eau chaude, le jardin tropical, les guides et les taxis.

    

Plus tard dans la soirée, c’est Peter le Ranger, qui, entre deux bateaux à contrôler dans la baie, monte à bord de notre bateau, pour siroter avec nous notre Chardonney !!.

Jeudi 5

2 pitons Soufrière > Castries > Rodney Bay à Ste Lucie et > Ste Anne en Martinique

La météo pour vendredi s’annonce mauvaise. Nous changeons nos plans et décidons de traverser aujourd’hui le canal de Ste Lucie pour nous rendre à Ste Anne en Martinique, mais avant, nous nous arrêtons dans le port de Castries à Ste Lucie pour  y faire le marché, puis nous arrêter à Pigeon Island dans Rodney Bay au nord de l’île pour déjeuner.

       

Encore un grand plouf dans une eau transparente puis vers 14H00, nous prenons la mer pour traverser le canal de Ste Lucie. 3 Heures de navigation cette fois ci decrescendo sont prévues. Les grains passent au loin. Ca commence à sentir la fin des vacances. Chacun est perdu dans ses rêves, cherchant qui l’ombre, qui le soleil, le Capitaine fixe l’horizon, négocie les vagues. Puis, alors qu’on ne s’y attend plus, une énorme famille de dauphins nous rattrape. On peut les voir arriver par deux ou trois, danser autour de nous et faire leur ballet habituel, longeant en parallèle le bateau, puis le must du must sortir de l’eau avant de plonger devant le bateau. Encouragés par nos cris, nos sifflets, nos bravos, d’autres arrivent, puis d’autres encore, et encore, et encore, et encore. Presque toujours avec le même scenario, le même tempo. On en voit encore au loin qui arrivent. Martine les prend en photo. Combien sont-ils ? 50 ? 60 ? Je ne sais pas, mais quel bonheur !

Mouillage à Ste Anne, peu avant le coucher du soleil. Just in time pour la photo! Exactement comme prévu par François !

Vendredi 6
Ste Anne > Cul de sac des Anglais en Martinique

Jean-François est comme toujours le premier debout. Il s’est, depuis le début du voyage, collé d’office à la corvée de vaisselle de la veille au soir. Dans ce style de croisière, chacun participe sans règles établies à la vie à bord. Qui fait la vaisselle, qui l’essuie, qui met la table, qui fait la cuisine etc.…, et ce, trois fois voire 5 fois par jour, si l’on compte les gouters et apéros. L’intendance tourne suivant l’envie de chacun, ça contribue d’ailleurs à la bonne humeur. Rien à voir avec les croisières guindées où le service est assuré. Nos hôtes nous gâtent par l’élaboration de leurs plats, Chantal par ses sauces et ses salades.

Martine s’affère à la clearance au Marin. Sous la pluie on fait le plein d’essence, on complète d’eau les réserves, et on part vite remplir un caddy de victuailles car des rumeurs de fermetures de magasins nous parviennent. Les grèves en Guadeloupe font tâche d’huile en Martinique. Dans le supermarché ouvert tout près du port, ça sent l’exode. Les gens se pressent, les paniers sont pleins. Et encore les doutes. Y aura-t-il des avions et des bateaux pour le retour ?

      

Le beau temps revient lorsque nous quittons le Marin. Nous partons pour le Cul de Sac des Anglais au sud-est de la Martinique. En début d’après midi, nous sommes dans ce mouillage désert et sauvage, et allons à terre découvrir la nature. Le soleil tape haut et fort. C’est bon. 

       

Samedi 7
Cul de Sac des Anglais >Petite Grenade à Vauclin en Martinique

Le temps est agréable. On se prépare à partir pour une navigation de 2H30 plus au nord sur la côte au vent de la Martinique, jusqu’à la Petite Grenade.

Deux autres voiliers seulement ont eu la même idée que nous. C’est vraiment peu en cette période touristique. Ils sont mouillés là, dans cette petite baie protégée par la barrière de corail. L’eau y est comme figée, d’un bleu turquoise, une mer d’huile. On peut voir l’occupant d’un bateau faire quelques pas à terre sur la Petite Grenade. Tout nu nous semble t’il avec nos jumelles !! Puis revenir quelques minutes après se rouler dans le sable, se frotter tout le corps de sable, avant de remonter sur son bateau, et y passer la nuit.

       

Une dernière plongée masque, tuba, palmes, s’impose avant le retour demain en métropole. Mais la marée haute nous balance de vague en vague et la visibilité n’est pas idéale pour la plongée. Alors avant de remonter à bord du Charmeur de vent, on décide de mettre pied sur la Petite Grenade comme on l’a fait tout au long de notre croisière afin de faire connaissance avec les iles, mais à notre grand regret, des plantes urticantes nous obligent à battre en retraite dans la douleur…. Et à nous rouler nous aussi dans le sable…. Nus ??? Joker !

Dimanche 8
Petite Grenade > au Marin > Paris

Il est près de 7H00 dans la Petite Grenade lorsque les premiers se lèvent.

Une dernière toilette en mer pour chacun, une dernière vaisselle matinale pour le Doudou, puis c’est l’heure du petit déjeuner et de l’orange pressée.

La journée s’annonce belle et chaude. Les 3H00 de navigation pour rejoindre le port du Marin sont délicieuses. Ca sent le départ, nous faisons nos bagages, les frigos se vident, le vieux rhum est fini, le Chardonnay aussi.

Lundi 9
10H30 Arrivée Paris 

Inutile d’épiloguer sur l’arrivée en Métropole. Après avoir séjourné à des températures oscillant entre 27 et 30°C, le zéro °C à 10H00 du matin parait glauque. Surtout en tongs !

Notre désir le plus profond reste de faire en sorte de pouvoir ressentir les mêmes émotions et les mêmes joies lors de prochaines vacances, que celles que nous avons ressenties.

Notre circuit a été créé, développé, bichonné au fil des voyages par François et Martine, des amoureux de la mer, pour des amoureux de la mer.

Bien amicalement,
Anne